3/5/2020

Les interprètes sont très vulnérables et donc susceptibles d’être infectés. En raison de la nature de leur travail. Ils sont souvent très proches de la personne pour laquelle ils doivent servir d’interprètes, entre autres lors d’interrogatoires de police, d’audiences au tribunal ou d’entretiens avec des candidats réfugiés. Ou bien, ils travaillent dans de très petits espaces (cabines d’interprétation) avec un collègue, lors de conférences.

D’où l’importance de lignes directrices qui fixent clairement ce qui est admissible et autorisé et ce qui ne l’est pas.

La plupart des interprètes sont des travailleurs indépendants. Ils sont censés assurer leur propre protection. Cela peut sembler logique, mais ne l’est pas en réalité. Ils ne décident pas eux-mêmes les circonstances dans lesquelles ils doivent travailler. Le fait que l’interprète et son ‘client’ se trouvent ensemble dans une petite salle d’interrogatoire avec à peine un demi-mètre de distance entre eux deux, n’est pas le résultat d’une décision de l’interprète…. De plus, les interprètes travaillent dans de nombreux endroits, des endroits différents et donc dans des circonstances très diverses, avec un degré de sécurité et de protection très variable.

C’est pourquoi nous proposons les lignes directrices suivantes.

1.       Préférez l’interprétation à distance, par vidéo ou par téléphone. Cette technique est déjà largement utilisée. Il est cependant préférable de traduire à proximité du ‘client’, entre autres parce que l’environnement, le langage corporel de ce ‘client’…  fournissent des informations qui peuvent aider l’interprète dans son travail. L’interprétation à distance n’est donc qu’un pis-aller.

2.       Pour l’interprétation à distance, prévoyez une ligne téléphonique ou une connexion Internet sécurisée.

3.       Veillez à ce que toutes les mesures d’hygiène soient prises si l’interprétation à distance n’est pas possible, c’est-à-dire si l’interprète ne peut travailler que sur le lieu de communication.

Dans ce cas de figure, voici quelques mesures qui peuvent être prises :

– L’interprète se trouve à une distance suffisante des autres participants. Si cette distance est trop grande, cette distance peut être comblée par un amplificateur sonore (infoport ; microphone + amplificateur ; système d’interphone…). Ces systèmes fonctionnent sans connexion Internet, sans téléphone portable ni ordinateur et sont donc parfaitement sécurisés.

– L’interprète est protégé, par une paroi de plexiglas, par exemple.

– L’interprète est assis dans une salle séparée de celle des autres participants et interprète par des moyens audiovisuels (téléphone portable, caméra sur ordinateur portable, amplificateur…).

– L’interprète dispose de gel pour se désinfecter régulièrement les mains. Pour des raisons évidentes. Mais également lorsque, par exemple, l’interprète doit signer un document qui doit aussi être signé par les autres intervenants, par exemple lors d’un interrogatoire. Aussi : désinfection des microphones et des écouteurs, le cas échéant. Et : l’interprète ne partage pas son stylo avec les autres intervenants.

– L’interprète utilise un masque buccal, dans la mesure du possible. Cependant, les masques de bouche sont un obstacle supplémentaire à l’interprétation (l’interprète doit articuler clairement pour être compris ; l’interprète qui porte des lunettes voit ses lunettes s’embuer …).

Journal officiel de l’Union européenneC 126/12

COMMUNICATION DE LA COMMISSION

COVID-19: orientations relatives à la mise en œuvre des dispositions pertinentes de l’UE régissant les procédures d’asile et de retour et à la reinstallation

(2020/C 126/02)

Orientations pratiques:

–          Dans la mesure du possible, il convient de réaliser les entretiens individuels à distance, en visioconférence, sauf si la visioconférence n’est pas adaptée au demandeur en raison de besoins procéduraux spéciaux (par exemple dans le cas des personnes traumatisées, des personnes ayant subi des persécutions fondées sur le genre, des enfants ou des personnes malentendantes). Il convient en outre de recourir à l’interprétation simultanée à distance, par l’intermédiaire de voies téléphoniques prévues à cet effet.

(…)

–          Si l’usage de la visioconférence n’est pas techniquement possible ou approprié, les États membres pourraient recourir aux arrangements de distanciation physique et sociale nécessaires pour réduire les risques de contamination, par exemple en faisant poser du verre de sécurité conformément aux conseils en matière de santé et de sécurité. Même lorsque l’usage de la visioconférence n’est pas techniquement possible, il y a lieu d’étudier tous les moyens de fournir une interprétation simultanée à distance.

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52020XC0417(07)&from=FR

Législation belge pertinentehttps://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=fr&la=F&cn=1808111730&table_name=loi