De nombreuses communes continuent à exiger des traductions jurés sur papier
2026-05-04 om 16:32:11
Madame, Monsieur,
Aujourd’hui bon nombre de communes continuent
à exiger des traductions jurées délivrées par les traducteurs jurés sur papier,
alors que leur forme électronique a de nombreux avantages.
Un traducteur juré peut, aujourd’hui,
délivrer ses traductions valablement sous deux formes :
- sous forme de document papier, revêtu d’une
signature manuscrite ;
- sous forme de document électronique, revêtu d’une
signature électronique qualifiée.
La forme électronique présente des
avantages importants en termes de sécurité juridique, d’efficacité et de
réduction des charges administratives.
- En premier lieu, une signature électronique
qualifiée garantit, conformément à la règlement eIDAS, l’authenticité et
l’intégrité du document. Une telle signature produit les mêmes effets
juridiques qu’une signature manuscrite et permet de vérifier à tout moment
la validité du document ainsi que l’identité du signataire. Toute
modification ultérieure du document est en outre détectable.
- En outre, la forme numérique permet de préserver ce
que l’on appelle la « chaîne numérique » : le document peut être transmis
électroniquement entre les parties concernées sans perte de qualité ni
risque de falsification. Il en va autrement des documents papier, copiés
ou numérisés, ce qui réduit leur contrôlabilité.
- Par ailleurs, la transmission numérique entraîne une
réduction significative des charges administratives et des coûts. Elle
permet notamment d’éviter les déplacements, les frais d’impression et
d’envoi postal, et de raccourcir sensiblement les délais de traitement par
rapport à un envoi par courrier. Cela améliore tant l’efficacité des
administrations que la qualité du service rendu aux citoyens.
Cette évolution est expressément
soutenue par la politique fédérale. Ainsi, la circulaire n° 299 du ministre de
la Justice (Moniteur belge du 1er juillet 2024) précise :
« Les traducteurs doivent encore
souvent transmettre leurs traductions par voie postale ou en personne à leur
donneur d’ordre. Cela entraîne des frais de déplacement supplémentaires, une
perte de temps ainsi que des coûts d’impression et/ou d’envoi pour les
traducteurs eux-mêmes. L’objectif est que les traductions soient transmises par
voie numérique aux donneurs d’ordre. »
Dans la pratique, il apparaît
toutefois que certaines communes continuent d’exiger systématiquement des
traductions jurées sous format papier. Cette situation engendre des charges
administratives supplémentaires, des retards et un manque d’uniformité entre
les administrations.
Dans ce contexte, nous vous
invitons, conformément à la circulaire précitée et à la réglementation
européenne en vigueur, à accepter systématiquement la forme électronique des
traductions jurées et, dans la mesure du possible, à en faire la modalité standard.
Une telle approche contribue à une
administration plus efficace, à un renforcement de la sécurité juridique et à
une prestation de services moderne et numérique au bénéfice des citoyens.
Nous restons à votre disposition
pour toute information complémentaire ou pour vous accompagner dans la mise en
œuvre de cette pratique.
Au nom de Lextra Lingua ASBL
Ilse Timperman – co-présidente
Benjamin Van Hemelryck – co-président
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